Une infrastructure de gestion pour relier perception, décision, action et apprentissage dans la complexité
Les organisations publiques et privées prennent aujourd’hui des décisions dans des environnements caractérisés par des interdépendances croissantes, des contraintes scientifiques établies, des cadres juridiques multiples et des dynamiques collectives évolutives.
Pourtant, leurs outils de pilotage restent souvent fragmentés. Les données, le droit, les budgets, les décisions, les conditions d’exécution et les effets observés sont rarement reliés dans une même architecture d’amélioration continue.
Développé dans le cadre des travaux de la Citizen Conference Of Parties, LUMEN est un programme de diagnostic-action visant à améliorer la perception, la coordination et la régulation collective dans la complexité.
LUMEN n’est pas présenté comme une solution déjà validée.
Une première version, LUMEN V0.1, a atteint un niveau de prévalidation interne suffisant pour être confrontée à un cahier des charges indépendant, soumise à un stress test exigeant, corrigée puis expérimentée dans des situations réelles.
Finalité
LUMEN vise à renforcer la capacité des organisations à :
• mieux percevoir les conséquences directes et indirectes de leurs décisions ;
• relier les connaissances scientifiques, les obligations juridiques, les capacités opérationnelles et les dynamiques collectives ;
• identifier les risques systémiques, les coûts cachés, les pertes et les réservoirs de valeur ;
• rendre les arbitrages, les hypothèses et les responsabilités plus explicites ;
• suivre les écarts entre les effets attendus et les effets réellement observés ;
• corriger continuellement les modèles, les décisions et l’allocation des ressources.
LUMEN ne cherche pas à remplacer les outils, institutions ou méthodes existants.
Il propose une infrastructure d’intégration permettant de mieux les articuler dans un même cycle de pilotage.


Une boucle opérationnelle et réflexive
Le noyau opérationnel de LUMEN suit quatre fonctions principales :
OBSERVER
Qualifier les données, leur provenance, leur fiabilité et leurs incertitudes ; identifier les normes applicables, les contraintes, les expériences vécues, les effets observés et les signaux faibles.
MODÉLISER
Représenter les interdépendances, les causalités, les scénarios, les seuils, les risques, les coûts cachés, les externalités et les réservoirs de valeur.
DÉCIDER
Rendre visibles les arbitrages, les limites non substituables, les responsabilités, les conditions de légitimité et les moyens nécessaires à l’action.
AGIR
Organiser l’exécution, la coordination, l’allocation des ressources, le calendrier et la traçabilité de la mise en œuvre.
Cette boucle opérationnelle est prolongée par une boucle réflexive :
MESURER
Comparer les résultats attendus et observés, ainsi que la valeur créée, préservée, captée, déplacée ou détruite.
APPRENDRE
Réviser les hypothèses, les relations causales, les modèles et les niveaux de confiance à partir des effets constatés.
AJUSTER
Corriger les décisions, les moyens, les règles de mise en œuvre et, lorsque cela est nécessaire, l’architecture de pilotage elle-même.
Trois dimensions non substituables de soutenabilité forte
LUMEN mobilise conjointement trois lentilles complémentaires.
Indice de biomimétisme organisationnel
L’IBO examine la viabilité systémique et biophysique de l’organisation : adaptation, résilience, dépendances, régénération, limites et principes de fonctionnement inspirés du vivant.
Indice de production légale nette
L’IPLN examine la cohérence normative, l’effectivité du droit et la contribution nette d’une décision, d’une organisation ou d’une politique à la réalisation de droits, d’obligations et d’objectifs légitimement établis.
Indice de dynamique émotionnelle collective
L’IDEC examine l’expérience vécue, la confiance, la reconnaissance, l’équité perçue, les tensions, la motivation, l’adhésion et la capacité collective d’agir.
Ces dimensions sont non substituables.
Un gain financier ou organisationnel ne peut pas automatiquement compenser la violation d’un droit fondamental, le franchissement d’une limite écologique critique ou la destruction des conditions humaines nécessaires à l’action.
Elles utilisent néanmoins une grammaire commune afin de rendre leurs résultats comparables sans les réduire à un score ou à une unité monétaire unique :
• situation de référence ;
• gains et pertes observés ;
• coûts cachés et risques ;
• réservoirs de valeur ;
• coûts de mise en œuvre ;
• valeur potentiellement captable ;
• taux de capture ;
• valeur effectivement captée ;
• effets indirects et boucles de rétroaction.


Création, préservation et capture de valeur
Un changement de perspective permet de rendre visibles des pertes, des destructions et des fuites de valeur qui restent souvent hors du champ du pilotage traditionnel :
• dysfonctionnements et coûts cachés ;
• non-qualité, retards, conflits et défauts de coordination ;
• ressources gaspillées ou capacités productives dégradées ;
• risques et engagements futurs insuffisamment pris en compte ;
• coûts déplacés vers d’autres acteurs, territoires, budgets ou générations ;
• valeur créée mais non captée ;
• effets sociaux, juridiques ou écologiques invisibles dans les comptes.
LUMEN examine l’hypothèse selon laquelle une organisation régénérative pourrait créer davantage de valeur économique nette qu’une organisation extractive comparable lorsque les coûts cachés, les risques, les externalités, les fuites de revenus, la résilience et les coûts évités sont correctement pris en compte.
Cette proposition constitue une hypothèse à tester.
Elle n’est pas considérée comme démontrée par avance.
État actuel du programme
2022 — Première formulation du besoin
La création de la CCOP, ses statuts et sa Résolution numéro 1 ont posé une première formulation des difficultés de mise en œuvre, du besoin de pilotage multidimensionnel et de l’importance de l’expérimentation.
2022–2026 — Diagnostic, recherche et développement
Les travaux ont mobilisé notamment la pensée systémique, le droit, l’économie, les sciences du vivant, la gouvernance partagée, la cybernétique, les facteurs comportementaux, le biomimétisme organisationnel et la définition de la valeur.
Cette phase a conduit au développement et à une première prévalidation interne de LUMEN V0.1.
2026 — Cahier des charges indépendant
La CCOP construit actuellement un cahier des charges fonctionnel à partir des constats officiels formulés par des institutions nationales et internationales.
Ce cahier des charges n’est pas conçu pour faire réussir LUMEN.
Il distingue :
• les difficultés officiellement observées ;
• les fonctions qu’un système de gouvernance devrait réunir pour y répondre ;
• la capacité réelle de LUMEN à satisfaire ces fonctions.
2026–2027 — Stress test et consolidation de LUMEN V1
LUMEN V0.1 sera confronté au cahier des charges indépendant.
Le stress test devra notamment examiner :
• les fonctions manquantes ou insuffisamment définies ;
• la qualité, la provenance et la fiabilité de l’information ;
• la propagation d’informations fausses, biaisées ou décontextualisées ;
• les confusions entre corrélation, causalité et prescription ;
• la définition des seuils et limites non substituables ;
• la capacité de l’architecture à fonctionner dans des contextes différents ;
• la robustesse des indicateurs et de leur grammaire commune.
Les résultats devront conduire à corriger, compléter ou abandonner les éléments qui ne résistent pas à l’évaluation.
2027–2028 — Expérimentations
Une fois suffisamment consolidée, LUMEN V1 devra être confrontée à des situations réelles, dans plusieurs juridictions et catégories d’organisation.
2028–2030 — Évaluation et proposition
Les résultats des expérimentations pourront contribuer à un consensus méthodologique sur les fonctions, principes et outils nécessaires à la mise en œuvre, à l’évaluation et à l’amélioration continue de l’agenda international de l’après-2030.
Selon les résultats obtenus et leur évaluation indépendante, ce consensus pourrait prendre la forme d’un accord technique non contraignant, d’une annexe opérationnelle ou d’un autre instrument négocié.
Le programme expérimental 2027–2028
La CCOP prépare un protocole comparatif permettant de tester une même architecture dans plusieurs contextes : pays, entreprises multinationales, villes et autres organisations.
Le protocole envisagé devra notamment comprendre :
• une situation de référence établie avant ou au début de la transformation ;
• un suivi longitudinal des décisions, moyens engagés, résultats et effets indirects ;
• une mesure commune des bénéfices multidimensionnels, des coûts de mise en œuvre et des taux de capture ;
• une documentation de la qualité et de la fiabilité des informations utilisées ;
• une comparaison des trajectoires lorsque les données le permettent ;
• la publication des méthodes, hypothèses, limites et résultats, y compris les résultats négatifs.
Un protocole coopétitif dit « 3 × 3 » est en préparation afin de comparer plusieurs approches appliquées à trois niveaux : un pays, une entreprise multinationale et une ville.
Une voie de coopération internationale pourra être proposée aux Nations unies.
En parallèle, une expérimentation autonome pourra commencer sans attendre l’achèvement des processus institutionnels internationaux, afin de disposer de premiers résultats comparables en 2028.


Des ressources déjà publiques
Le programme s’appuie sur un corpus de travaux, de notes méthodologiques, de propositions et de démonstrateurs déjà accessibles, notamment :
• le module pédagogique Gouverner dans la complexité ;
• un premier patch systémique de gestion publique pour la France ;
• les travaux sur la valeur publique et la production légale nette ;
• les propositions relatives aux missions d’information parlementaires et à l’amélioration de l’information électorale ;
• la contribution de la CCOP au processus Beyond GDP des Nations unies ;
• les démonstrateurs Beyond GDP et LUMEN France ;
• les études de cas Orange et LUMEN × SPES ;
• les travaux sur les systèmes vivants et la cybernétique civilisationnelle ;
• la présentation de l’infrastructure de gestion LUMEN ;
• les fondements systémiques, les statuts, les résolutions et les rapports d’activité de la CCOP.
Les démonstrateurs utilisent des données fictives ou illustratives lorsqu’ils le précisent.
Ils rendent l’architecture tangible et discutable, mais ne constituent pas encore une validation empirique.
Deux besoins de financement distincts
1. Financement de la capacité indépendante de conception et de coordination
Un premier besoin concerne la capacité de Nicolas Gros de Seta à poursuivre pendant douze mois la conception, la consolidation, la documentation et la coordination du programme.
Une proposition distincte de soutien personnel vise un total de 100 000 euros nets disponibles pour cette période.
Ce financement doit notamment permettre :
• d’assurer une capacité indépendante de recherche, de conception et d’exécution ;
• de finaliser et documenter le cœur méthodologique de LUMEN ;
• de contribuer à la construction du cahier des charges indépendant ;
• de préparer et conduire le stress test de LUMEN V0.1 ;
• d’améliorer l’IBO, l’IPLN, l’IDEC et leur grammaire commune ;
• de développer les démonstrateurs et l’infrastructure numérique centrale ;
• de préparer les protocoles et partenariats nécessaires aux expérimentations ;
• d’assurer la coordination générale et l’engagement institutionnel préalable.
Ce financement peut couvrir la conception et la préparation des pilotes, mais il ne finance pas leur déploiement opérationnel complet.
Il s’agit d’un objectif financier unique pour un périmètre défini.
Si un mécène finance la totalité du montant, ce besoin est intégralement couvert.
Plusieurs contributions peuvent également être réunies jusqu’à atteindre l’objectif.
Tout financement supplémentaire doit correspondre à un autre périmètre et à un budget distinct.
2. Financement du programme expérimental
Un second besoin, séparé du précédent, concerne la réalisation effective du programme expérimental 2027–2028.
Il pourra notamment comprendre :
• les équipes et moyens mobilisés dans chaque territoire ou organisation pilote ;
• la collecte, la qualification et la sécurisation des données ;
• les adaptations techniques et les intégrations nécessaires ;
• l’accompagnement opérationnel des transformations ;
• la coordination commune entre les différents pilotes ;
• les cohortes et infrastructures de comparaison ;
• l’évaluation scientifique et méthodologique indépendante ;
• les déplacements, ateliers et travaux de terrain ;
• la documentation et la publication des résultats.
Le budget du programme expérimental sera construit séparément avec les organisations pilotes, les partenaires techniques, les équipes d’évaluation et les financeurs concernés.
Il n’est pas compris dans l’objectif de 100 000 euros destiné à la capacité indépendante de conception et de coordination.
Un financeur pourra soutenir un pilote particulier, une fonction transversale du programme, l’évaluation indépendante ou l’ensemble du dispositif comparatif.
Les financements, responsabilités, livrables et règles de reddition de comptes seront définis séparément afin d’éviter toute confusion ou double financement.
Ces deux niveaux sont complémentaires mais ne sont pas interchangeables :
• le premier permet de rendre LUMEN suffisamment robuste, documenté et coordonné pour entrer en expérimentation ;
• le second finance les expérimentations, la production des données et l’évaluation des résultats.


Une infrastructure ouverte et indépendante
L’ouverture n’est pas seulement un principe de communication.
Elle fait partie de l’architecture du programme.
Les contenus, cadres méthodologiques et travaux publiés par la CCOP sont placés sous licence Creative Commons CC BY-SA.
Le code source sera publié sous licence libre lorsqu’il sera développé.
Cette politique vise à permettre la réutilisation, l’adaptation, la traduction, l’amélioration et la diffusion des outils sans dépendance propriétaire.
Les financeurs et partenaires ne disposent d’aucun contrôle sur les conclusions méthodologiques ou les résultats publiés.
La CCOP n’a pas vocation à devenir une institution permanente construite autour de ses propres outils.
Lorsque les concepts, méthodes et instruments auront été suffisamment testés, documentés, diffusés et appropriés comme biens communs, la CCOP considérera que sa mission est accomplie.
Sa dissolution pourra alors être proposée conformément à ses statuts.
Participer au programme
La CCOP recherche plusieurs catégories de contributions :
Institutions et territoires
Accueillir ou préparer des expérimentations dans des politiques publiques, administrations et situations réelles.
Entreprises et organisations
Tester l’infrastructure sur des décisions, opérations et transformations dont les effets peuvent être observés et documentés.
Chercheurs et experts
Contribuer à la critique du cahier des charges, des indicateurs, des protocoles et des méthodes d’évaluation.
Partenaires techniques et données
Développer les infrastructures nécessaires, documenter les trajectoires et assurer la reproductibilité des analyses.
Mécènes
Soutenir la capacité indépendante de conception et de coordination de Nicolas Gros de Seta.
Financeurs du programme expérimental
Financer les terrains pilotes, les données, l’accompagnement, les infrastructures communes, l’évaluation indépendante et la production de preuves.
Contributeurs critiques
Identifier les hypothèses fragiles, les biais, les angles morts et les conditions possibles d’échec.
La priorité n’est pas d’obtenir une adhésion de principe à LUMEN.
Elle est de créer les conditions d’un test sérieux, transparent et utile.
